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La logique contextuelle - Syntaxe et axiomatique
- Je dis ce que je sais dit M. de Re.
- Je décris ce que je crois répond M. de Dicto.

Le langage, la syntaxe et l'axiomatique de la logique contextuelle Lc sont ceux de la logique propositionnelle Lp (ou tout ordre langage classique - Lp est choisi dans un but pédagogique). L'ensemble infini dénombrable des variables propositionnelles, noté P, est décomposé en une infinité d'ensembles infinis dénombrables de variables propositionnelles et disjoints deux à deux. Ils sont notés P0, P1, ..., Pn, ... 

Les connecteurs sont le connecteur de négation, noté ¬, de disjonction, noté |, de conjonction, noté ^, d'implication, noté ->, et d'équivalence, noté <->. 

Nous utiliserons les symboles classiques de parenthèses. L'ensemble des formules bien formées de Lp et noté WLp

Wi (pour i un nombre entier) est l'ensemble des formules bien formées de Lp construites sur Pi.

Définition 1  Une formule (ou une connaissance) contextuelle est une expression de la forme :
pi+1 -> fi
pour pi+1 une variable propostionnelle de Pi+1, et fi une formule de Wi.
En effet, une connaissance exprime une certitude : la croyance pi+1 est modélisée par la formule fi (dans le langage de Lc). 

Remarquons que c'est l'unique certitude qu'il est possible d'écrire dans Lc, puisque le langage est restreint à ce type de formule. On obtient donc immédiatement le résultat suivant :

Propriété 1 Soient Ec un ensemble contextuel, et C une conjonction de variables propositionnelles. Alors E est consistant, et C n'est pas une conséquence de Ec.

Cet énoncé exprime deux résultats importants :
  • Ec est consistant : cela assure que tout ensemble de formules est logiquement cohérent (sans préjuger de la cohérence de sens commun). Cela a au moins deux conséquences :
    • d'une part, une distinction explicite est faite entre sens commun et sens logique. C'est une réponse au problème du sens des connecteurs,
    • d'autre part, le maintien de la consistance logique permet d'échapper, lors de l'arrivée d'une nouvelle information, au test de la consistance. Pratiquement, il nécessite beaucoup de temps de calcul - argument non suffisant mais néanmoins majeur. D'autre part, il engendre des problèmes de choix qui n'ont toujours pas été résolu dans le cas général. Pour Lc, ces problèmes relèvent d'un problème de contexte de référence, qui est indépendant du contenu de la base de connaissances,
  • C n'est pas une conséquence logique de Ec : cette propriété permet de vérifier qu'il n'est pas possible de produire une certitude à partir d'une ensemble contextuel.
Notons que toute formule produite à partir d'un ensemble contextuel est de la forme C -> F, pour C une conjonction de variables propositionnelles et F une formule quelconque. Ceci nous permet de proposer :
Définition 2 Une croyance est une conjonction finie de variables propositionnelles appartenant à un ensemble Pi, pour i dans {0,1,...,n,...}. L'ensemble des croyances est noté Wcr.

Définition 3 Une croyance contextuelle (ou un contexte) est une conjonction finie de croyances. L'ensemble des contextes est noté Wco.
Une conjonction de variables propositionnelles est appelée une croyance (éventuellement contextuelle) parce qu'il n'est pas possible d'affirmer sa validité à partir d'un ensemble contextuel. Donc :
Propriété 2 Un ensemble contextuel ne modélise pas les croyances, mais uniquement les connaissances qui les décrivent à partir des autres croyances.

Cette remarque justifie à notre sens la décomposition de l'ensemble P.
 

Arnaud Kohler
arnaud.kohler@pacariane.com